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le 19 Décembre 2013 à La Teste de Buch " Fin du camping sauvage ?? " |
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Extraits du quotidien Sud Ouest du 16/12/2013:
C'est un nouvel épisode dans un imbroglio long de plus de dix ans. Ou comment faire coexister les enjeux économiques et environnementaux sur l'un des sites naturels les plus visités de France. La cour administrative d'appel de Bordeaux vient de valider le blocage des demandes de permis d'aménager déposées par les cinq campings situés sur la dune du Pilat. Sur le fond, l'existence de ces entreprises sur un site classé n'a jamais été remise en cause par les pouvoirs publics. Chacun s'accordant à les considérer comme faisant pleinement partie de l'offre touristique de la commune de La Teste-de-Buch, sur le bassin d'Arcachon (33). Un acquis qui ne vaut pas pour autant quitus pour un développement sauvage et démesuré ! Et pourtant, touchés par le recul dunaire, parfois adeptes de la religion du fait accompli (très pratiquée sur le Bassin et sans doute encouragée par l'inertie de l'État), et dans le souci de développer une activité très lucrative, certains campings avaient pris leurs aises jusqu'au milieu des années 2000 en étendant leur périmètre, à coup de défrichements, de coupes d'arbres, de constructions, souvent sans autorisation.
En 2008, une dérogation fut même accordée au Pilat Camping, alors propriété du secrétaire d'État aux Sports Bernard Laporte (et aujourd'hui racheté par le footballeur Mathieu Valbuena), pour aménager une parcelle supplémentaire de 1,4 ha en plein coeur du site protégé. Le ministre avait-il bénéficié de la bienveillance de son collègue Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Environnement ? Le tribunal administratif n'y avait, à l époque, rien trouvé à redire.
Mais l'affaire avait achevé d'attirer l'attention des services ministériels sur le cas des campings de la dune. Ainsi, les demandes de permis d'aménager déposées dans la foulée, censées régulariser l'existant mais aussi fixer de nouvelles perspectives de constructions en dur, n'ont pas suscité l'enthousiasme du ministère. Au point qu'au bout des douze mois qui lui étaient alloués pour instruire les demandes, pour toute réponse, Paris se contenta de garder le silence. À charge peut-être pour la justice administrative de mettre des mots sur ce refus implicite.
Ce qu'elle a finalement fait, tant en première instance que devant la juridiction d'appel, après avoir été saisie par les campings. Elle a considéré non seulement que les projets de réaménagement situés dans le site classé de la dune du Pilat, du seul fait qu'ils avaient un impact sur la perception visuelle du site, étaient soumis à autorisation spéciale du ministère, mais, aussi, que celle-ci avait pu être valablement refusée en raison de l'impact visuel significatif des résidences mobiles de loisirs. Dans un récent rapport d'inspection, le ministère ne cache d'ailleurs pas son courroux devant la frénésie de constructions en dur qui s'est emparée de ces sites. Une multiplication des mobil-homes (près de 500 aujourd'hui contre 50 en 1994) qui s'apparente plus à de « véritables lotissements » qu'au bucolique camping des années 1970, constate d'ailleurs le rapport, enjoignant au passage la préfecture de Gironde à ramener ces velléités d'expansion à des proportions raisonnables et à accompagner des aménagements plus compatibles avec un site classé. La décision de justice sonne comme un signal fort à se ranger à cette demande, car nombre de mobil-homes sont désormais officiellement frappés d'illégalité. « Certains d'entre eux devront être détruits » (près de 200, NDLR), reconnaît Me Jean-Michel Roche, l'avocat des campings, tout en affirmant s'engager dans un processus de « négociation » avec la préfecture, avec qui plusieurs réunions ont déjà eu lieu, signe que la porte n'est pas fermée. Tout devra donc être fait pour ne pas affecter le caractère naturel du site. « Nous sommes dans une volonté de dialogue. On sait que préserver la dune est notre intérêt à tous », confiait il y a quelques semaines un responsable de camping à « Sud Ouest ». Si des aménagements sont sans doute inévitables, ils devront se réaliser à l'aune de ce principe. Notre analyse : Assistons nous à la fin "du tout pour tout" pour les touristes au détriment d'un site classé ?? Verrons nous un jour une réelle protection de cet environnement fragile ??
Autres liens: " Un plein ou un trop plein " ?? ( le 25 Août 2013 ) " Taches de vert sur fond de goudron " ?? ( le 08 Juillet 2013 ) " Dunaire régulièrement érodé constructible " ?? ( le 06 Mai 2013 ) "D'un naturel convoité"?? ( le 13 Mai 2012)
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