Entre G20 et préparation des jeux Olympiques, les regards sont braqués sur une ville touchée de plein fouet par la crise financière. Qu'est-ce qui l'emporte:l'ombre ou la lumière?
I.S: Il y a deux approches possibles de Londres. D'un côté, on est frappé par l'impression merveilleuse que la ville est un être vivant, par la vibration magique ressentie dès qu'on s'y aventure.
Mais l'autre versant est beaucoup plus sombre: ces dernières années, Londres a perdu une grande part de son identité et a choisi de se réinventer comme un gigantesque "nulle part".
Une métamorphose que les images de synthèse plaquées depuis des mois sur les palissades du chantier olympique résument bien: une véritable mer d'images mélangeant le réel et le virtuel, avec les Docks en fond de tableau et de faux immeubles au premier plan.
On assiste en fait à la construction d'une fiction, d'un projet qui ne verra jamais le jour puisque le budget censé payer ces immeubles a été englouti par la crise.
Et pourtant les habitants continuent de prendre ces montages pour la réalité.
Cette "numérisation" du paysage urbain n'est-elle pas la parfaite métaphore de la folie financière qui s'est emparée de Londres depuis le milieu des années 90, de cette richesse immense qui vient de s'évaporer?
I.S: Nous découvrons aujourd'hui que nous vivons dans un dangereux fantasme.
Celui d'une sollicitation sans fin, par le gouvernement, les banques ou les médias, qui a fait croire aux gens qu'ils devaient absolument s'acheter une maison ou un appartement... et recommencer, encore et encore.
Cette façon de bondir d'un projet à l'autre, la frénésie de construction dans le quartier de la haute finance, Canary Wharf et les Docklands, l'incarne parfaitement...
...La conception ancienne de l'architecture, qui voulait que l'on bâtisse des immeubles en prévoyant pour eux une fonction particulière, a disparu.
On construit pour construire. Et l'horizon final de cette folie serait un délire à la Ceausescu, un bâtiment gigantesque et vide dont personne ne veut.
En se promenant, on a parfois l'impression que, malgré sa richesse, le gouvernement n'a pas entrepris de grande construction marquante. Pas de ponts, pas de grands musées...
I.S: Non seulement la municipalité et le gouvernement n'ont rien laissé qui frappe le regard, mais ils ont réussi à imposer l'idée que rien n'est fait pour durer!
Aujourd'hui, si vous affirmez que le bâti a des qualités propres, qu'on ne devrait pas construire ni détruire sans débat préalable, vous êtes traité de vieux nostalgique, de sentimental invétéré.
Notre analyse:
Cela ne vous fait pas penser à une ville en particulier les JO en moins??
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