
Avec sa main droite noire pleine de goudron et sa main gauche grise ciment , notre divin roitelet accroupi tente de planter un haricot.

"Je n'y arrive pas , cette jardi-comédie m'indispose au plus haut point. Je n'en peux plus ! "

"Souriez Majesté , lui rétorque son bien-aimé Régent et ses chouchounets de la courtisanerie, vous êtes ici pour battre la campagne, promettez des mesurettes vertes d'illusions, n'oubliez pas nous sommes là pour assurer la survie de la Bling-Bling noblesse."
Soudain un jardinier amateur lui demande :" Que plantez-vous Majesté ?? "
" Je vous donne ma bénédiction pour que vos récoltes soient abondantes et si vous avez besoin de mains vertes, moi mon Tartuffe et mes inséparables chouchous nous sommes prêts à plonger les mains dans ce merveilleux potager ",répond notre souverain avec un tendre sourire hypocrite.
Soudain un nouveau Seigneur apparaît dans la foule compacte chevauchant un superbe étalon blanc.
" Ma popularité a franchi toutes les frontières connues et inconnues, ainsi je suis sûr que ce nouveau Seigneur après une de mes révérences s'agenouillera pour embrasser mes divins souliers."

Notre petit roitelet commence sa révérence et n'obtient point le résultat escompté. Vexé il bat en retraite sans un mot.
Il doit s'agir d'un " Estien étranger" à nos usages pissenlouniens , réplique le Marquis de Pataquès.
"Ce terme n'existe point dans notre langue pissenlounienne" , précise l'archiviste du Château .

" Je viens de le déposer, afin de dépoussièrer notre bonne vieille langue qui en a tant besoin " ,répond notre Marquis.
Je commence une ode pour notre Souverain :
"Sans vous je dormirai debout ,
Sans lui j'oublierai mes i ,
Sans eux nous mangerions des œufs."
"Cela me touche, mon très cher Marquis vos mots coulent de source,réplique notre souverain ébahi .Continuez cette passionnante œuvre mystérieuse pour me faire plaisir . N'avez-vous pas une Tartarinade à préparer, cher Marquis ?? "
Le Marquis se hâte pour préparer les grandes festivités.
Majesté, cette ode maladroite ne correspond nullement à votre éclat, vous auriez dû lui révéler la vérité, murmure le Maréchal des Joncquilles.
De plus sans eux correspond certainement aux gueux qui paient votre Dîme et votre Gabelle .

Il suffit notre Souverain en a décidé ainsi affirme le Régent. Nul ne peut remettre en question le bon goût et la grande sagesse de notre Majesté.
Mon prestigieux Maréchal, laissons de côté cet essayiste qui philosophe sur tout aujourd'hui et qui n'écrira plus rien demain.
Mon règne Bling-Bling généreux envers les manufactures restera gravé dans l'Histoire de notre Royaume.
Je suis le rayon de soleil du matin qui réchauffe les coeurs, ce Marquis restera une étoile filante.

Les trompettes du Château résonnent au loin.
Tartuffe le régent :
C'est l'heure Majesté, vous avez une réunion de la plus haute importance au Château. Il nous faut partir sur le champs.
Notre souverain :
A l'aide je m'enfonce mon Régent dans des sables mouvants.
Tartuffe le régent :
Divine clarté, je crois que vos souliers ont subi un assaut maladroit venant de leur fumier.
Notre souverain :
Oh mon Dieu, mes Bling-Bling souliers faits main ne s'en remettront jamais.
Le lendemain, notre Marquis avec sa brioche bien garnie mendie des deniers pour ses joueurs de tambourins « les Désargentés » .
Il joue très mal l' amnésique providentiel,n'a jamais combattu l'idéologie des Doudous Pissenlinous et il a reçu une vision dépourvue de bannières .
Il viendra bientôt chez vous ,chers boutiquiers,pour vous demander une pièce afin d'assurer sa " modeste Bling-Bling survie "..